Gare au déséquilibre du microbiote buccal | Gencix

Gare au déséquilibre du microbiote buccal

Alzheimer, infarctus, cancers... Attention aux bacteries Buccales

Une influence délétère

En cas de perturbation du microbiote buccal, des bactéries pathogènes peuvent provoquer une carie, une gingivite ou une parodontite. Ces bactéries et des facteurs inflammatoires risquent alors de propager dans tout l'organisme.

Gare au déséquilibre du microbiote buccal

Les bactéries de la bouche vivent en symbiose avec notre organisme. Mais une mauvaise alimentation ou une défaillance de l'hygiène bucco-dentaire peuvent contribuer a l'apparition de certaines maladies, intestinales, cardio-vasculaires, pulmonaires et même cérébrales.

"Un bon microbiote buccal protège la santé orale et la santé en général !" C'est avec ce message clair que va s'ouvrir le congrès de l'Association dentaire française (ADF) ... La recherche médicale fait le lien - surprenant - entre microbiote buccal et des maladie du corps, y compris du cerveau. De quoi nous motiver à en prendre soin. Le chiffre donne le tournis : notre bouche abrite plusieurs milliards de bactéries formant le microbiote le plus abondant du corps humain après celui de l'intestin. Le plus diversifié aussi : ... Le Dr Vincent Meuric, chirurgien-dentiste et chercheur au pôle du CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine) : "Ces bactéries sont soit commensales (protectrices), soit opportunistes, c'est-à-dire qu'elles peuvent devenir pathogènes en fonction des conditions de l'environnement". Lorsque le microbiote est à l'équilibre (ou eubiose), "l'ensemble des surfaces de la bouche étant colonisé par des bactéries commensales, il reste peur de place pour la fixation des agents pathogènes", détaille le Pr Marie-Laure Colombier, chirurgien-dentiste spécialisée en parodontologie à l'hôpital Louis-Mounier de Colombes (Hauts-de-Seine). "Mais cet équilibre peut être menacé par l'alimentation, le tabac, une antibiothérapie, une insuffisance d'hygiène bucco-dentaire ou le stress, poursuit-elle. Et la rupture de cet équilibre (dysbiose) entraîne la prolifération de bactéries opportunistes, susceptibles de provoquer des infections locales". Selon Vincent Meuric, l'exemple le plus courant est la consommation de sucre en dehors des repas. "Les bactéries opportunistes qui s'en nourrissent prolifèrent et produisent des composés acides qui attaquent l'émail, la couche externe, dure et minéralisée, qui recouvre la couronne dentaire, jusqu'à provoquer une carie."

Autre conséquence d'une dysbiose, la maladie "parodontale" déclenchée par une présence excessive bactérienne :"Elle peut être superficielle et réversible, ne touchant que la gencive : c'est la gingivite, précise Marie-Laure Colombier. Ou bien concerner le support de la dent et la menacer de déchaussement. On parle alors de "parodontite". Dans ce cas, alerte rouge dans tout l'organisme! "Les pathogènes buccaux et leurs produits peuvent rejoindre la circulation sanguine", poursuit la chirurgien-dentiste. Et en quelques minutes le coeur, les poumons, l'intestin ... Entre autres conséquences, selon une étude de l'équipe de Thomas Van Dyke, du Forsyth Institute publiée en 2015, souffrir d'une parodontite augmenterait chez un individu le risque d'athérosclérose, cause principale de l'infarctus du myocarde. Le Pr Masahira Hattori de l'université Waseda, au Japon, s'est interrogé, lui, sur le de venir des milliards de bactéries qu'on avale avec la saline à raison d'un litre et demi par jour! Dans une étude (Science, 2017) il démontre qu'une bactérie buccale, Klebsiella pneumoniae, peut, lorsqu'elle est ingérée, favoriser le développement de maladie inflammatoires de l'intestin (MICI) si le microbiote intestinal est lui-même déséquilibré. Au total, plusieurs associations ont été établies entre affections parodontales et des pathologies telles que le diabète, les infections pulmonaires, les maladies cardio-vasculaires, l'accouchement prématuré et en date, le maladies cérébrales. "Il n'est pas étonnant de trouver un lien entre maladies parodontales et cérébrales, note Marie-Laure Colombier. Les bactéries et leurs produits pouvant stimuler une neuro-inflammation existante."

source:
Revue SCIENCES et AVENIR n°874
3 décembre 2019